Drames et Passions de la Renaissance



Le Musée de la Renaissance se situe à Ecouen.Il abrite toutes les collections du XVIiéme siècle.L'Association °Autour de Léonardo° anime tous les ans durant deux mois les jardins du"Château d'Ecouen" avec son spectacle historique d'une durée de 2h30 en 13 tableaux.Il a pour thème la Renaissance et ses personnages historiques: François 1er, Henri II, Anne de Montmorency, Léonard de Vinci,Catherine de Médicis,les danses à la cour de France, la vie des campagnes, la vie à la ville, la vie au monastère, un magnifique tournoi de Chevalerie et des duels dont le fameux "coup de Jarnac" et bien d'autres scènes.Un colporteur du XVIéme siècle vous transportera de scène en scène en vous narrant l'histoire de France.Cette année 2011 en accord avec le Musée de la Renaissance vôtre billet vous permettra de visiter dès le matin le Château d'Ecouen demeure du Connétable de Montmorency Bienvenue au XVIiéme siècle.
Richard ( le tavernier de la ville)





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mardi 28 septembre 2010

Spectacle Château Ecouen Présentation de l'Association Autour de Léonardo

Autour de Leonardo : le Projet 

En plus de la création et de la production de spectacles (Son et Lumière, avec " Leonardo ou Tout le Génie du Monde", et Parcours-Spectacle avec "Fenêtre sur la Renaissance puis " Anne de Montmorency, Seigneur d’Ecouen") l’Association intercommunale "Autour de Léonardo", s’est fixée trois objectifs majeurs :
- Valoriser le Patrimoine en participant à la mise en valeur du Château d’Ecouen, Musée National de la Renaissance.

- Favoriser les rencontres entre personnes de générations, de sensibilités et 
de villes différentes autour d’un projet culturel intercommunal en tentant d’y associer toutes personnes en situation d’exclusion.
- Créer une animation et une dynamique en rassemblant les établissements scolaires, les associations, les structures culturelles et tous les habitants quels qu’ils soient, autour du thème de la Renaissance.

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De fait, c’est un grand Projet à dimension Humaine et Sociale
Parce que nous croyons que, fondamentalement, c’est aussi par la Culture que passe le travail d’insertion sociale, parce que nous sommes convaincus qu’un projet comme le nôtre est d’abord créateur de lien social avant d’être un spectacle, nous avons à cœur de développer notre action avec cette sensibilité.

Dimension humaine :


- Près de 600 personnes venues de plus de 100 communes différentes et de 6 départements (95, 93, 60, 78, 92 et 75).
-  Près de 600 personnes de tous âges :
-  Près de 600 personnes issues de tous milieux.
-  Près de 600 personnes appelées à se découvrir des talents, appelées à partager une forte convivialité tout au long de l’année, avec plusieurs grands temps forts au-delà de la période du spectacle. Des hommes et des femmes qui sortent de leur solitude, des veufs ou des veuves qui retrouvent goût à la vie, des dépressifs qui reprennent espoir et qui s’émerveillent de leur propre réalisation (couture, décor, organisation)

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 Dimension Sociale :

Chaque année, nous cherchons à développer des projets dans plusieurs directions :


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 Attaque surprise

Les projets scolaires :
-  En 2007, par exemple, nous avons pu développer, avec l’aide des enseignants concernés, un grand projet avec l’école primaire Alphonse Daudet d’Ermont qui a pris pour thème central de l’année scolaire, la Renaissance et Léonard de Vinci afin de la décliner dans toutes les disciplines. Tous les élèves, chacun à leur niveau, ont travaillé sur ce thème, avec un déplacement au Clos Lucé, un travail sur les arts plastiques de l’époque, un travail sur les danses pour lequel nous sommes intervenus avec une démonstration de danses Renaissance, le tout couronné par la présence à l’un de nos spectacles de juin 2007.
-  Chaque année, nous travaillons avec le lycée professionnel Ferdinand Buisson d’Eaubonne auquel nous confions une partie de nos plus beaux costumes à nettoyer : c’est une occasion pour les élèves de la section « Teinturerie, Pressing » d’étudier la confection des costumes de cette époque et aussi de montrer leur beau travail lors des journées portes ouvertes. Bien entendu, ces élèves furent nos invités au spectacle.

-  En 2007, un lycée de Villiers le Bel a participé et travaillé au tournage d’un film portant sur l’époque Renaissance. A l’occasion du prêt de costumes que nous avons fait, les élèves ont travaillé sur la confection de nos costumes par des bénévoles, filmé une partie du travail et élèves furent nos invités au spectacle.

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Volonté d’insertion
Pour la confection de certains accessoires ainsi que pour la confection des badges d’entrée de nos acteurs figurants, nous avons fait appel à un CAT (ESAT)de Villiers le Bel qui a mis ces deux activités à son programme d’activités annexes. Deux des membres de ce CAT (ESAT), à mobilité réduite, sont par ailleurs figurants dans notre spectacle.


 Notre façon de lutter contre l’exclusion :  


Chaque année, en partenariat avec l’Association Culture du Cœur, nous réservons entre 5% et 10% de places pour les offrir aux personnes qui, faute de moyens financiers, sont exclus de la culture et n’ont jamais l’occasion d’assister à un spectacle. Les retours que nous en avons nous encouragent à poursuivre cette collaboration comme en témoigne l’Association Culture du Cœur du Val d’Oise dans son rapport annuel. 
Crédit photos : Christophe KERMARREC

Source du texte et des photos : http://www.autourdeleonardo.com/Autour-de-Leonardo-le-projet.html
Site de l'Association ici

Septembre 2010
Présence de l'Association aux journées du Patrimoine au Château d'Ecouen les 18 et 19 septembre 2010 puis à la foire de Domont le 25/26 et 27 septembre 2010 pour la promotion du spectacle "Anne de Montmorency" au château d'Ecouen en 2011
 Crédit photos :Richard Blanc

mercredi 22 septembre 2010

Histoire de France construction du Havre à partir du 7 février 1517, François 1er donne l'ordre de

Louis XII

Pourquoi un nouveau port ?


A la fin du Moyen-âge, Rouen apparaissait nettement comme la capitale économique de la Normandie, particulièrement pour les activités maritimes. Mais la navigation sur la Seine était alors longue, difficile et périlleuse et ne permettait pas aux navires de plus de 180 tonneaux de remonter le fleuve.
En outre, les Rouen, Harfleur ou Honfleur étaient inadaptés face à l'augmentation du trafic maritime et au tonnage des navires marchands.
Une solution devait être cherchée. Qui allait prendre les initiatives ?
Deux démarches parallèles, légèrement décalées dans le temps, allaient être à l'origine de la naissance du port du Havre : le pouvoir royal et les marchands.

Le pouvoir royal
Louis XI (1423-1483) puis Louis XII (1462-1515) firent explorer la région en vue d'établir des fortifications, mais aucune réalisation concrète ne s'ensuivit. C'est François Ier (1494-1547) qui prit réellement les "choses en mains", motivé par des préoccupations d'ordre militaire, politique et économique :
* Apporter son soutien militaire à Jacques V d'Écosse contre le roi d'Angleterre Henri VIII, ce qui nécessitait l'emploi d'une armée de mer et donc un port pour la rassembler.
* S'assurer une prépondérance politique et économique en Europe en maîtrisant les débouchés sur l'Atlantique.

Les marchands
De leur côté, justement, les marchands rouennais, sur le plan strictement économique, avaient fait la même analyse. Ils ne pouvaient que se tourner vers le roi, ce qu'ils firent par l'intermédiaire des états de Normandie, réunis le 9 mai 1515. On ne réclamait pas à proprement parler la création d'un nouvel établissement, mais l'aménagement de Harfleur et de Honfleur. Ce fut pour le souverain l’occasion de faire d'une pierre deux coups : créer un port qui soit bien à lui, tout en faisant plaisir à ses sujets rouennais.
C'est ainsi que le 7 février 1517, François 1er donna commission à Bonnivet, Amiral de France, de trouver un "havre", un abri pour les navires, tant de guerre que de commerce.
Pour cette période de l'Histoire de France, le choix rationnel d'un site était une grande innovation. De plus, le programme des travaux était complet et précis. Il s'agissait d'un programme conçu pour le bien public, adapté à des buts politiques, militaires, économiques et nautiques.
Le choix rationnel d'un site





Ce site portuaire était déjà connu sous le nom de Havre de Grâce. On ne sait pas avec précision pourquoi il fut retenu, la commission n'en parlant pas, si ce n'est en des termes vagues, " le plus propre et plus aisé " de la côte.
Il est vraisemblable que Guyon Le Roy, capitaine du port d’Honfleur, l'avait utilisé pour y mettre à l'abri une partie de sa flotte, et connaissait donc les avantages de ce site. Sur un point, le choix devait se révéler judicieux : en effet les courants de marée montante, en se répercutant sur les côtes, maintenaient la mer haute plus longtemps.  

Les travaux : l'aménagement du site et la construction du port. Le texte du 7 février donnait possibilité à Bonnivet de commettre quelqu'un en son absence. Aussi, dès le 12 février, transmettait-il sa commission à Guyon le Roy en en reprenant les termes. Dès le 22, ce dernier écrit à M. de Blosseville, capitaine des côtes de Normandie, lui demandant d'appeler les maîtres maçons et autres ouvriers de Normandie à l'adjudication des travaux.
Préalablement, le 2 mars, cinq à six cents personnes, officiers de justice et de l'administration, maîtres maçons, capitaines de navires, habitants de Harfleur et " autres plusieurs personnaiges à ce congnoissans ", se rendirent sur le terrain pour donner leur avis sur " le lieu le plus propre, utile et convenable et plus parfaict ".

Le 3 mars, on procéda à l'adjudication des travaux au rabais. Jehan Gaulvyn, de Harfleur, et Michel Feré, d’Honfleur, tous deux " maistres du mestier de machonnerie " furent déclarés adjudicataires.

Les travaux, prévus pour être finis à la fin d’octobre, furent bien loin d'être exécutés dans le délai porté au marché, et ce pour plusieurs raisons :
* Le mauvais état du sol nécessitait de creuser beaucoup plus profondément pour trouver un sol stable. Il fallut donc employer un très grand nombre de pieux pour soutenir les ouvrages de maçonnerie
* Le climat et les conditions de travail rendirent illusoire la corvée prévue par la commission du 7 février ; il fallut donc aller chercher, et de plus en plus loin, des pionniers et les payer.
* Enfin, lors des tempêtes, il était impossible aux ouvriers de travailler.

Cependant, une lettre prouve qu’à partir d’octobre 1518 le port pouvait être utilisé.
A l'origine, Il n'avait été question que de construire un port, la commission du 7 février 1517 était claire sur ce point.Si l'emplacement du port semblait judicieusement choisi, le site de ce havre n'avait aucune des vertus qui attirent et retiennent les hommes, notamment en raison des nombreux marécages qui entouraient le site. Les conditions physiques paraissaient même conspirer toutes ensembles pour les en éloigner. " Jamais pourtant site ne fut plus défavorable à des établissements humains", mais " d'inexorables nécessités politiques et économiques ayant amené la création du port, la ville devait naitre non moins inexorablement, quels que fussent les désavantages du site ".
L'initiative revient à du Chillou qui, sur le chantier, s'était vite rendu compte qu'un port ne pouvait rester sans un établissement capable d'accueillir tous ceux qui auraient à intervenir dans les fonctions portuaires.
Il fallut donc créer de toutes pièces un habitat. Guyon Le Roy, en plus de ses fonctions officielles, était également un homme d'affaires entreprenant. Il exploita alors la situation à son profit et se conduisit en véritable " promoteur immobilier ". Prenant contact avec les paroissiens d'Ingouville, un village de pêcheurs et de cultivateurs, il se fit concéder 24 acres de terre à prendre des deux côtés du havre dans l'intention de revendre ce terrain sous forme de parcelles pour y construire le Havre de Grace. Cependant, personne ne se précipitait pour venir vivre sur ces terres. En effet, dans l'esprit des habitants de la région il s'agissait d'un avant-port (de Rouen ou d'Harfleur, suivant où l'on réside), mais en aucun cas d'un établissement portuaire autonome.
Aussi du Chillou chercha-t-il à intéresser le Roi à son entreprise et il y réussit au-delà de toute espérance.






Dès le 8 octobre, François 1er accorda aux habitants et futurs habitants exemption de taille et de franc salé. Dans ses lettres patentes, il rappelait les raisons de la création d'un port au lieu de Grace et ajoutait vouloir faire construire et édifier une forteresse et une ville close. C’est là le véritable acte de naissance de la ville.

Port du Havre vers 1500


Mais malgré ces privilèges et la protection royale, les lotissements ne démarrèrent pas. C'est qu'il n'y avait encore que peu d'activité maritime et surtout commerciale. C'est pourquoi 3 ans après les premières exemptions en août 1520, à l'issue de sa visite, le Roi accorda de nouvelles lettres patentes, confirmant " à toujours perpétuellement et à jamais " les privilèges accordés.
Guyon Le Roy acquit pour sa part à titre de " fieffe " le territoire de la future ville.

 François Ier, ayant déclaré son intention de faire construire une forteresse et une ville close, le terrain prit de la valeur.
        Le Seigneur de Graville se rendit soudainement compte que les terrains sur lesquels la ville était " encommencée " lui appartenaient, et que les paroissiens d'Ingouville n'en avaient que l'usage pour leurs pâtures et n'avaient pas le droit d'en disposer.
        Le Parlement de Rouen rendit un arrêt concernant un procès entre Louis de Vendôme, vidame de Chartre et sieur de Graville, et Guyon Le Roy à propos des 24 acres de terre qui avaient été fieffées à ce dernier. L'arrêt définitif fut rendu le 13 mai 1524 et confirma à Louis de Vendôme la propriété des terres contentieuses "comme du corps et dommaine du. seigneur de Graville ". Guyon Le Roy fut condamné à restituer tout ce qu'il avait perçu à raison des 24 acres de terres, la fieffe étant annulée. Celui-ci allait sortir ruiné de ce procès et quitter la scène havraise en 1528.

La ville du Roi
Pour sa part, le Roi François Ier, ayant déjà montré à plusieurs reprises son intérêt pour la ville, saisit l'occasion offerte par l'arrêt du Parlement de Rouen pour "dédommager" le seigneur de Graville pour faire du Havre de Grace une ville royale ne dépendant d'aucun seigneur local.
Alors que la commission du 7 février 1517 ne parlait que d'un port, les lettres patentes accordaient des privilèges à un port ET une ville. La ville du Havre allait passer avant le port, le tout, présenté comme ayant toujours été la volonté initiale du Roi.
Un plan d'urbanisme pour la Ville Françoise : l'influence de Bellarmato

Là n'allait pas se borner l'attention du Roi pour SA ville. Outre quelques voyages qu'il y fit pour suivre l'avancement des travaux, au cours desquels il avait été désagréablement impressionné par les constructions et par cette ville imparfaitement close, François Ier, allait confier à l'architecte italien Bellarmato le soin d'établir des règlements pour son édification, la voirie et la protection contre les attaques.
Le 18 juin 1541, François Ier donna commission à Girolamo Bellarmato et le nomma ordonnateur et contrôleur des dépenses, avec une autorité absolue et les pleins pouvoirs.


Port du Havre vers 1536


Né à Sienne en 1493, Girolamo Bellarmato était cosmographe, architecte civil, architecte militaire et urbaniste.
Introduit auprès de François 1er en 1540, il avait proposé au roi, concernant Le Havre "d’y faire la terre à la façon de Venise ", c'est-à-dire de consolider le sol pour le mettre à l'abri des inondations. Dans le quartier Notre-Dame en partie construit, il ne put que redresser un peu la voirie, inspirer des prescriptions rigoureuses pour le tracé des rues, limiter la hauteur des maisons.
Mais son œuvre essentielle devait résider dans la réalisation d'un nouveau quartier, celui des Barres ou plus exactement sa partie qui sera plus tard appelée quartier Saint-François, située à l'est de la crique qui, elle, deviendra le bassin du Roi. Là, il put appliquer ses principes, selon quatre idées directrices :
1) établir un quadrillage des rues principales bordées de maisons ;
2) les doubler de voies de dessertes de deux mètres de large, destinées aux égouts ;
3) réserver par les voies principales une perspective monumentale sur l'église située au nord-est du quartier ;
4) voiler le tout au sud et à l'ouest par deux îlots destinés à couper les vents dominants.
L'architecte édicta une réglementation importante et précise, fixant les conditions pour obtenir ce que nous appellerions aujourd'hui un permis de construire.Concernant les fortifications, il n'y avait à son arrivée qu'une courtine longeant le Perré, à l'ouest, et deux bastions. Ce système incomplet permettait aux éventuels assaillants de s'abriter dans les angles morts. Bellarmato compléta les fortifications par la construction d'une courtine entourant le quartier de Percanville, alors inhabité, donnant tout l'espace désirable pour longtemps.
Il dotait en même temps l'enceinte de bastions en forme d'éperons triangulaires, ceints de murs et surmontés d'une plate-forme avec parapet. Ce système était utilisé pour la première fois en France.
Evolution de l'enceinte
Le front à défendre ainsi déterminé était cependant trop long.
* Aussi, dès 1551, on retrancha le quartier Percanville des fortifications.
* En 1562, s'apercevant que le danger le plus grave venait de l'est, de la plaine de Leure, on construisit un fort dans le quartier des Barres (qui sera alors en partie évacué), le fort Warwick.
* Dès la libération de la ville, le fort fut remplacé par une citadelle que Richelieu fit , à son tour, reconstruire de façon monumentale en 1627.

Source du site
http://www.thucydide.com
Bibliographie et liens de l’article sur le site
http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/villes/le_havre/biblio.htm






La Captivité et le Retour des Enfants de France (Tableau du spectacle 2009)

Suite à la bataille de Pavie en 1525, François Ier de France est emprisonné en Espagne. Pour être libéré, il signe le traité de Madrid n 1526 avec Charles Quint par lequel il promet, entre autre, de rendre le duché de Bourgogne à Charles de Habsbourg. Le roi de France livre ses deux fils comme otages à l'Espagne. En compensation, Charles Quint donne sa sœur Éléonore en mariage à François Ier. Après moultes péripéties, Éléonore ne devient reine de France qu'en 1530. Elle ramène en France les deux petits princes français. Éléonore restera une reine de France obscure, qui n'aura aucun poids à la cour et dont personne ne s'occupera. La maîtresse du roi brillant à sa place.

mercredi 8 septembre 2010

Spectacle Historique au Château d'Ecouen "Anne de Montmorency" en 2008 : le film de Pascal Torre©

Le réalisateur Pascal Torre





Pascal Torre est le cinéaste qui nous a fait le film du spectacle de l'année 2009 et qui va réalisé celui de 2010.

J'ai retrouvé dans mes archives un mini film qu'il a réalisé sur le spectacle en 2008
"Anne de Montmorency Seigneur d'Ecouen" qui dure quelques minutes
avec les principales scènes du parcours spectacle et des interviews de Monique Potel Deriez (Présidente de l'association autour de Léonardo) et de Olga Bepoldin-Fortounato (qui joue le rôle de Diane de Poitiers).

J'ai obtenu mail l'autorisation de la publier sur mon site (remerciements).
Crédits film Pascal Torre© (tous droits réservés)






Pascal Torre a réalisé plus de 100 films ci dessous son film démonstration.


10 juillet 1547: le célèbre coup de Jarnac Vidéo


Le Tableau du coup de Jarnac dans le spectacle du Château d'Ecouen



L'AFFAIRE DU "COUP DE JARNAC"

Le 10 juillet 1547, pour laver son honneur, Guy Chabot, seigneur de Montlieu, défie François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie.
Mais, l'un appartenant au parti de la duchesse d'Étampes, maîtresse de feu François 1er, et l'autre à celui de Diane de Poitiers, favorite d'Henri II, la querelle entre particuliers va être l'occasion d'un règlement de comptes entre les clans qui s'affrontent à la Cour. Ce duel judiciaire aura un dénouement inattendu et vaudra à la botte secrète du "coup de Jarnac" de rester dans les annales.
Au début de l'année 1547, François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, raconte à qui veut l'entendre que Guy Chabot, seigneur de Montlieu, est au mieux avec sa belle-mère, Madeleine de Puy Guyon. Calomnie, affirme l'offensé qui, indigné qu'on fasse courir le bruit qu'il puisse être l'amant de sa belle-mère demande réparation.
Mais il s'agit plus que de médisance, et du fait du statut de ces protagonistes à la Cour, l'affaire va tourner au règlement de comptes entre clans.
La Châtaigneraie, grand sénéchal du Poitou, filleul et enfant d'honneur de François 1er, est le favori du dauphin, le futur Henri II. Guy Chabot est le fils du baron Charles de Jarnac, gouverneur capitaine de La Rochelle, et le neveu de l'amiral Philippe Chabot de Brion; mais, il est surtout, par son mariage avec Louise de Pisseleu, le beau-frère de la duchesse d'Etampes, maîtresse de François 1er. Contrairement à son père, Henri II, peu après son avènement,en mars 1547, donne son aval pour qu'un duel soit organisé entre La Châtaigneraie et Chabot. Si ce dernier entend laver son honneur, il espère néanmoins éviter un drame et demande à Diane de Poitiers d'intervenir pour que le combat soit annulé.
Mais la maîtresse du nouveau roi refuse, voyant là l'occasion d'humilier la duchesse d'Étampes et de lui signifier que la mort de François 1er marque bel et bien la fin de son "règne".
La Châtaigneraie sera son champion et Chabot celui de sa rivale : la querelle entre particuliers est devenue une affaire d'État. En avril, les adversaires se voient désigner des parrains François de Guise, duc d'Aumale pour La Châtaigneraie, le grand écuyer Claude Gouffier, sieur de Boissy, pour Chabot.
Le connétable Anne de Montmorency est chargé d'arbitrer le combat, qui se déroulera à l'orée de la forêt de Saint Germain en Laye. Le 10 juillet, au matin,
la foule se presse pour assister à la rencontre : depuis le règne de Saint Louis, c'est la première fois que le roi autorise l'épreuve du jugement de Dieu et un duel judiciaire à mort. Toute la Cour est là, impatiente de voir les combattants en découdre. Dans la tribune royale, Henri II a pris place entre la reine Catherine de Médicis et Diane de Poitiers.
Escorté par trois cents jeunes gens vêtus de satin blanc, La Châtaigneraie se présente sur la lice sous les vivats de la foule. Grand, fortement charpenté et musclé, d'une adresse redoutable à l'exercice des armes, il est considéré comme l'un des quatre meilleurs jouteurs du royaume.
Chabot, accompagné de seulement quelques compagnons en habit noir, ne semble avoir aucune chance de l'emporter.
Monsieur de Boissy a le choix des armes : malgré une réclamation du duc d'Aumale et avec l'aval du tribunal des armes, il opte pour de lourdes épées et un massif bouclier. Dès que le roi donne le signal de l'affrontement, les combattants se précipitent l'un vers l'autre, échangent de violents coups d'estoc et de taille.
Plus léger et plus vif, Chabot esquive et pare les attaques avec adresse.
Soudain, alors qu'il semble tout près d'être défait, il porte à son adversaire un coup au jarret, puis un second au même endroit, qui tranche le muscle. La Châtaigneraie s'effondre.
Henri II est abasourdi; Diane de Poitiers enrage; Catherine de Médicis dissimule mal sa satisfaction.
Chabot s'avance vers la tribune royale et "donne" La Châtaigneraie au roi, refusant de le mettre à mort, comme le règlement du duel lui en laisse le droit.
Dans la foule, partisans du vainqueur et du vaincu en viennent aux mains.
Mais les juges déclarent la "botte de Jarnac" régulière : Chabot a loyalement défait son adversaire. Henri II le confirme en proclamant : "Vous avez fait votre devoir.Votre honneur doit vous être rendu".
La Châtaigneraie mourra peu après, victime d'une hémorragie et du dernier duel judiciaire autorisé par un souverain.
A la suite de cette pénible affaire, Henri II ne réprimera pas pour autant cette pratique meurtrière, et, impuissant à empêcher la noblesse d'y recourir, continuera à la tolérer.
© 2002 cliannaz@noos.fr
UN COUP RÉGULIER
Guy de Chabot a porté à son adversaire une botte secrète qui lui a été enseignée par le maître d'armes italien Caize.
Bien qu'inhabituel (on s'attaque alors plutôt au visage et à la poitrine) et que La Châtaigneraie en ignore la parade, le coup est régulier.
Tous les témoins conviennent que le combat s'est déroulé loyalement, et le mémorialiste Pierre de Brantôme, neveu du vaincu, le soulignera dans son "Discours sur les duels".
Ce duel a donné lieu à l'expression "coup de Jarnac", qui désigne à l'origine un coup imprévu et adroit. En 1771, le dictionnaire de Trévoux en a détourné le sens pour figurer une action déloyale, voire un assassinat.
Au XIXème siècle, dans son Dictionnaire de la langue française, Emile Littré a rétabli l'expression dans son acceptation non péjorative : "Le coup fut trouvé habile et fort loyal, mais l'usage lui a donné un sens odieux : coup porté en traître".
© 2002 cliannaz@noos.fr




Chabot porte à son adversaire un coup au jarret,
qui tranche le muscle. La Châtaigneraie s'effondre.





samedi 4 septembre 2010

Spectacle Château le Château du Roi François 1er : Fontainebleau

Renaissance : Le Château de François 1er



Fontainebleau


François Ier décide de faire édifier un logis de style Renaissance à l'emplacement du château féodal, permettant ainsi de moderniser un pied-à-terre proche de la vallée de Bière, le roi prétextant lui-même choisir cet endroit pour la chasse des bêtes « rousses et noires ». Il fait raser la précédente construction, à l'exception du donjon et d'une partie de la courtine nord, et fait appel à des artistes italiens pour assurer la construction et la décoration de son palais. C'est ainsi que sont édifiés un bâtiment dessinant la cour Ovale et un autre situé sur la basse cour ouest, tous deux reliés par une galerie. François Ier vient chasser à Fontainebleau, accompagné de sa cour et de sa favorite, la duchesse d'Étampes, délaissant ainsi plus ou moins le château de Blois, et annonçant le retour progressif de la cour dans les environs de Paris.
Plusieurs conducteurs de travaux se succèdent durant son règne : Florimond de Champeverne, secrétaire et valet de chambre du roi, est nommé en 1528 conducteur[11] jusqu'à sa mort en 1531. Pierre Paule dit l'Italien, présent dès 1528, ancien concierge du château de Moulins, valet de chambre de Louise de Savoie, dirige ensuite les travaux jusqu'à sa mort en 1535. Il est remplacé par acte du 21 avril 1543 par un conducteur particulier, Salomon des Herbaines, tapissier du roi, garde des meubles et tapisseries, qui présente l'avantage de résider sur place et travaille en collaboration avec Pierre des Hôtels, notaire, secrétaire et valet de chambre du roi ; il décède en 1557.

Triboulet fou du Roi François 1er


Les noms des architectes du château sont, quant à eux, plus hypothétiques : Sebastiano Serlio, pour sa part, se voyait offrir le 27 décembre 1541 l'assurance de 400 livres par an pour « son état de peintre et d'architecte au fait de ses édifices et bastiments au dit lieu de Fontainebleau ». Il apparaît néanmoins que son apport au sein de l'édifice reste limité. D'autres noms ont été avancés pour identifier l'architecte qui officia sous le règne de François Ier. Si Gilles Le Breton a effectivement travaillé sur le projet du château, il n'en est pas le créateur. Le Rosso ou Girolamo della Robbia qui a proposé des décors pour la porte Dorée, peuvent eux aussi figurer parmi les architectes potentiels. Les constructions successives du règne de François Ier, notamment pour la cour du Cheval Blanc, sont elles aussi relativement hypothétiques : les ailes basses sud et ouest de la susdite cour auraient été terminées en 1527, et les ailes basses nord l'année suivante. Le pavillon des Armes aurait été achevé vers 1530, tandis que la moitié sud du logis, le pavillon des Poêles et les bâtiments de la galerie d'Ulysse dateraient d'après 1535. La fin du règne de François Ier, décédé en 1547, aurait vu le remplacement de la chapelle.


Le roi souhaite faire de Fontainebleau un foyer de l'art de la Renaissance : il collectionne les objets d'art, commande des œuvres sur la mythologie, fait venir d'Italie des antiques. Il reçoit des tableaux de la part du pape, collectionne des œuvres de maîtres italiens (La Joconde et La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci, la Sainte-Famille, Saint-Michel, et la Belle Jardinière de Raphaël) et fait venir des moules de statues romaines (Laocoon, Apollon du Belvédère...) afin de couler des bronzes. Pour la décoration du château, il commet Rosso Fiorentino qui réalise le pavillon de Pomone, le pavillon des « Poesles », la galerie Basse (tous détruits) et surtout la galerie François-Ier (1534-1540). Giorgio Vasari désigne Fontainebleau comme la « Nouvelle Rome »[2] et son école est renommée dans toute l'Europe de l’Ouest. François Ier constitue dans le château une importante bibliothèque, ancêtre de la bibliothèque nationale. Le château de Fontainebleau reçoit, entre le 4 et le 27 décembre 1536, la visite de Jacques V d'Écosse, futur époux de Madeleine de France. C'est en 1539 que François Ier reçoit à Fontainebleau Charles Quint et lui fait visiter son palais, entre le 24 et le 30 décembre[12]. Ronsard se fera l'écho du faste déployé au château par l'écriture de quelques vers :

« Quand verrons-nous par tout Fontainebleau

De chambre en chambre aller les mascarades... »

Le fils de François Ier, le roi de France Henri II, complète le château avec une salle de bal et une chapelle, reliées à l'édifice par la célèbre galerie François-Ier, qui fait face à l'étang des Carpes. Il nomme Philibert Delorme pour vérifier et visiter le château le 3 avril 1548, date à laquelle la suite des travaux lui est confiée. C'est ainsi qu'une grande partie du château actuel voit le jour, dont la salle de bal. C'est à Fontainebleau que naissent les enfants de Henri II et de Catherine de Médicis, les futurs rois François II (19 janvier 1544) et Henri III (19 septembre 1551) ainsi qu'Élisabeth de France (2 avril 1545), Claude de France (12 novembre 1547), Louis de France (3 février 1549), François d'Alençon (18 mars 1555) et les jumelles Victoire et Jeanne (24 juin 1556).

Deux jours après la mort d'Henri II en 1559, Catherine de Médicis remercie Philibert Delorme, protégé de Diane de Poitiers, et confie les travaux au Primatice qui devient surintendant des maisons royales le 12 juillet 1559. Le 17 juillet, le contrôleur général des bâtiments de France, Jean Bullant, est remplacé par François Sannat. C'est à cette époque que Niccolo dell'Abate décore le château. À la mort du Primatice, le 14 septembre 1570, celui-ci est remplacé par Tristan de Rostaing. Jean Bullant finit par revenir à Fontainebleau et est nommé auprès de Rostaing le 3 août 1571 comme architecte conducteur des travaux. À la mort de Jean Bullant en octobre 1578, le chantier est confié par Henri III à Baptiste Androuet du Cerceau.


Pendant le règne des trois fils d'Henri II (François II, Charles IX et Henri III), le château de Fontainebleau est moins habité, les monarques lui préférant le Louvre, ou encore les demeures du Val de Loire comme Amboise ou Blois. Le château est néanmoins le théâtre d'une assemblée de notables réunis du 21 au 31 août 1560 pour résoudre les questions religieuses qui troublent le royaume et aboutissant à la convocation des États Généraux. Le 31 janvier 1564, Charles IX et Catherine de Médicis reçoivent les ambassadeurs du pape, de l'empereur et du roi d'Espagne en vue d'une négociation afin que la France revienne sur l'édit de pacification d’Amboise.


Vidéo du Spectacle:le tournoi des chevaliers

mardi 31 août 2010

La renaissance : La fin du beau XVIème siècle


La renaissance : La fin du beau XVIème siècle

Henri II : tournoi tragique rue Saint-Antoine

E n juin 1559, Henri II, dont le nom n'avait pas été porté par un roi de France depuis cinq siècles, est âgé de 40 ans et 4 mois. De haute stature comme son père François - il mesure 1,84 mètre, à en croire son armure de parade -, il passe pour le plus bel homme du royaume, qui alors n'en manque point, selon les mots inoubliables de Mme de Lafayette à la première page de « La princesse de Clèves ». Le plus accompli aussi dans les exercices sportifs, qu'il pratique avec ardeur, et dont il va payer le prix.
En ces premiers jours de l'été, à Paris, la grande ville encombrée des chantiers d'embellissement voulus par le souverain, l'heure est à la réjouissance. Un grand concours de princes et de seigneurs des deux sexes s'y trouve rassemblé pour célébrer la paix enfin advenue entre la France et l'Espagne, sous la forme de noces destinées à la sceller : Elisabeth, l'aînée des filles du roi, épouse par procuration, via le duc d'Albe ici présent, Philippe II d'Espagne, le 22 juin à Notre-Dame, sous les yeux du duc Emmanuel-Philibert de Savoie, arrivé la veille de Bruxelles pour célébrer ses fiançailles avec Marguerite, dernière fille de François Ier et veuve du duc de Berry, qui n'a pas moins de 36 ans. Durant six jours, au Louvre et surtout à l'hôtel des Tournelles, résidence préférée de la famille royale, se succèdent ces divertissements. Dans la soirée du 28 juin est signé le contrat de mariage de Marguerite et d'Emmanuel-Philibert. Pareil événement ne saurait aller sans de nouvelles fêtes, celles que préfère le roi Henri, parfait chevalier : les tournois.
Le terrain a été préparé. A la hauteur de l'hôtel des Tournelles, non loin de l'actuelle place des Vosges, la rue Saint-Antoine est dépavée afin de ménager une piste sablée d'une centaine de mètres, divisée dans sa longueur par une double barrière, en sorte que les jouteurs ne puissent s'entrechoquer frontalement, le jeu consistant à faire mordre la poussière au partenaire par un coup de lance bien ajusté dans la poitrine. Tout autour de la lice ont été installées des tribunes en bois richement tapissées, ornées des armes de France, d'Espagne et de Savoie. Les joutes, qui ont lieu l'après-midi, attirent en effet des centaines de spectateurs. Les mercredi 28 et jeudi 29 juin, roi et princes ont rivalisé de vaillance, Henri l'emportant sur tous les autres.

C'est le troisième jour que se joue le drame, dans une mise en scène fastueuse et tragique sur laquelle les récits se multiplièrent. Le roi doit encore participer à trois courses formant une partie, comme la règle en dispose pour chaque jouteur. François de Scépeaux, maréchal de Vieilleville et écuyer du roi, lui lace son armure et lui enfile l'armet, ce casque à visière mobile. Un premier assaut oppose Henri II à Jacques de Savoie, duc de Nemours, puis un second à François de Guise, qui tous deux ont le bon goût d'avoir le dessous. Se présente alors, de passage à Paris, Gabriel de Lorges, comte de Montgomery, fils du capitaine des archers de la garde écossaise. Ce garçon de 29 ans est un guerrier apprécié du roi. Laissons parler Vieilleville, témoin le plus proche : « Tous deux se choquent à outrance et rompent dextrement leur bois », c'est-à-dire leur lance, ce qui vaut match nul. « M. de Vieilleville, auquel il appartenait de courir, se présente et veut entrer en lice ; mais le roi le pria de le laisser faire encore cette course contre le jeune Lorges, car il voulait avoir sa revanche, disant qu'il l'avait fait branler et quasi quitter les étriers. » Le maréchal tente de le dissuader, Montgomery de s'excuser, rien n'y fait. Il peut être alors 5 heures du soir. Les héros sont fatigués, mais le puissant tempérament du roi l'emporte. Il enfourche le Malheureux, destrier turc que lui a offert Emmanuel-Philibert. A son casque et à sa lance, panache et flammes aux couleurs noir et blanc, celles, comme toujours, de sa vieille maîtresse Diane de Poitiers, presque sexagénaire, assise dans la tribune royale tout près de la reine Catherine de Médicis. A l'entrée en lice des jouteurs, stupeur dans l'assistance : alors qu'à chaque course « toutes les trompettes et clairons sonnent et fanfarent sans cesse, à tue tête et étour-dissement d'oreilles, elles se turent toutes coies, sans aucunement sonner ».



Présage lugubre dont croit se souvenir Vieilleville. N'empêche. Les deux cavaliers s'élancent, les longues lances de frêne calées à l'horizontale touchent chacune l'adversaire et se brisent incontinent. Mais ce maladroit de Montgomery, au lieu de jeter la sienne aussitôt et de dégager, continue sa course le tronçon baissé, « et en courant rencontre la tête du roi, duquel il donna droit devant la visière, que le coup haussa, et lui creva un oeil ». Henri s'affaisse sur l'encolure de son cheval et tombe au bout de la piste dans les bras du grand écuyer Claude de Boissy et de Vieilleville, « leur disant avec parole fort faible qu'il était mort ». Pas encore, hélas pour lui. L'agonie du roi, qui dura neuf jours, fut d'une horreur exemplaire. Les deux plus illustres chirurgiens du temps, André Vésale, appelé de Bruxelles, et Ambroise Paré, retirèrent de l'oeil droit des éclats de bois longs de dix centimètres. Paré se procura quatre têtes de criminels fraîchement exécutés, « contre lesquelles on cognait le tronçon par grand force au pareil côté qu'il était entré dedans celle du roi », pour constater que chaque fois le cerveau était atteint. Aucun espoir, donc, de guérison. Henri II eut le temps de faire une belle mort : ayant fait savoir à Montgomery consterné qu'il ne lui en voulait pas, il écrivit quelques lettres et se confessa dévotement. Le dimanche 9 juillet, raconta l'évêque de Toulon Jérôme de La Rovère dans son sermon d'obsèques, « lui survint une grosse sueur, qui lui dura presque jusqu'au lendemain lundi, qu'il demanda et prit fort révéremment la sainte onction. Et ainsi garni de toutes les marques de bon et vrai chrétien, rendit l'esprit à Dieu ».


Dieu, justement, qu'avait-il voulu signifier par ce désastre ? L'explication par le hasard était la moins recevable par les contemporains. On s'aperçut bientôt que le coup était prévisible, prévu même. En 1555, Nostradamus a présenté au roi un recueil de ses centuries où l'on lit : « Le lion jeune le vieux surmontera/En champ bellique par singulier duelle/Dans cage d'or les yeux lui crèvera/Deux classes une, puis mourir mort cruelle. » On n'est pas plus clair. Un an plus tard, l'évêque et astrologue italien Luca Gaurico fit savoir au roi qu'il devait éviter un duel qui risquait de lui attirer une blessure à la tête. La nuit précédant le jour fatal, un rêve a prévenu la reine Catherine, qui supplie son époux de renoncer à sa dernière partie. Vieilleville n'est pas en reste. Il aurait dit au roi, en l'armant : « Je jure le Dieu vivant qu'il y a plus de trois nuits que je ne fais que songer qu'il vous doit arriver quelque malheur aujourd'hui. »

Beaucoup de protestants, qui gagnent du terrain en dépit de la vie dure que leur mène Henri II, ont une autre interprétation. La paix conclue en avril au Château-Cambrésis avec l'Espagne toute catholique n'annonce pour eux rien de bon. De fait, le 2 juin, l'édit royal d'Ecouen ordonne de « procéder à l'expulsion, punition et correction des hérétiques ». Le 10 juin, au cours de la séance royale du Parlement, le conseiller Anne du Bourg, acquis à la Réforme, s'est indigné que l'adultère et la débauche ne soient pas poursuivis, alors que l'on persécute des personnes qui n'ont commis d'autre crime que de lire l'Évangile à leur façon. Le roi, furieux, a ordonné son arrestation - il sera brûlé en décembre -, et c'est précisément Gabriel de Montgomery qui a été chargé de l'embastiller. N'est-ce pas justice divine qu'Henri soit frappé des mêmes mains qui ont enchaîné un véritable chrétien ? La mort d'un roi de France est un signe. Avec lui disparaissait « le beau » XVIe siècle. Les guerres de Religion pouvaient commencer
©2006 Le Point
écrit par Laurent Theis




jeudi 26 août 2010

Spectacle Historique Renaissance au Château d'Ecouen "Anne de Montmorency"




Château d'Ecouen Spectacle Renaissance Anne de Montmorency
envoyé par little2804. - Films courts et animations.


Le spectacle Renaissance au Château d'Ecouen

Organisez par l'association "Autour de Léonardo" ce parcours spectacle se déroule dans le parc du château d'Ecouen qui abrite le musée National de la Renaissance. Il a lieu chaque année au printemps , d'une durée de 2h30 vous parcourez toute la renaissance grâce à la participation de 400 personnes (acteurs et majoritairement acteurs de compléments) vous verrez la captivité des enfants royaux, le couronnement d'Henri II, sa blessure mortelle lors d'un tournoi à Paris, le célèbre duel en 1547 avec le coup de Jarnac, la fin de vie de Léonard de Vinci en France, les festivités de la ville de Paris en tout 13 tableaux qui vous raviront.à 18 km de la Capitale votre venue sera une journée d'un total dépaysement.




Les vidéos du spectacle

mardi 24 août 2010

Histoire de France le XVIème le Sacre d'Henri II et de Catherine de Médicis à Saint Denis 10 juin 1549

Le Mariage d'Henri II et de Catherine de Médicis à Saint Denis

LE SACRE

Le 10 juin 1549, Catherine de Médicis est solennellement sacrée et couronnée reine de France. En ce jour qui devrait être dédié à sa gloire, elle est déçue par le manque de faste des cérémonies. Mais, surtout, elle enrage de voir Diane de Poitiers, la maîtresse du roi, superviser le protocole!

Catherine de Médicis à beau être l'épouse d'Henri II et lui avoir donné enfin un héritier, le futur François II, en janvier 1544, elle n'est reine de France qu'en titre : c'est la favorite Diane de Poitiers qui règne sur le cœur du roi et sur la Cour! En ce 10 juin 1549, la souveraine doit recevoir l'onction sacrée et être solennellement sacrée. Mais, lors de ces cérémonies, pourtant tout à elle dédiées, elle n'est pas sûre d'éclipser sa rivale.

Force est de constater que, dans la basilique de Saint Denis, le sacre de la reine de France est conduit par la maîtresse du roi! Alors que le cortège s'avance vers l'autel, Diane de Poitiers marche en tête parmi les princesses du sang. Elle arbore crânement le même manteau que Catherine de Médicis, rehaussé d'hermine, privilège des princesses et des duchesses. A l'occasion de la seule cérémonie au cours de laquelle elle ne peut décemment disputer la première place à la reine, elle a été désignée pour superviser le protocole.





Courtisans, hauts dignitaires et prélats n'ignorent rien de l'exceptionnelle faveur dont jouit Diane de Poitiers. Pourtant, voir briller en ce jour celle que le roi a nommée suivante de la reine leur semble une provocation déplacée. De surcroît, la favorite est secondée par ses deux filles, nées de son mariage avec Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie, Françoise, duchesse de Bouillon, et Louise, marquise de Mayenne. Pour le sacre du roi à Reims, le 26 juillet 1547, Diane de Poitiers se tenait au premier rang, tandis que Catherine de Médicis, enceinte de sa fille Claude, la future duchesse de Lorraine, était reléguée dans une tribune. Moins de deux ans plus tard, pour ce sacre qui est le sien, la reine n'a pu être écartée. Aujourd'hui, malgré la sobriété manifeste des célébrations, mais dans le recueillement et la dignité, elle va être solennellement intronisée second personnage du royaume. La souveraine vient d'être coiffée de la couronne rutilante des précieuses gemmes de la royauté. Le cérémonial veut qu'elle en soit ensuite débarrassée pour entendre la messe. C'est alors que survient un incident édifiant. Respectant scrupuleusement les instructions, Louise de Mayenne s'avance vers la reine et la décharge de son fardeau. Puis elle se retourne et se dirige vers sa mère. Chacun, médusé et le souffle coupé, la voit déposer la couronne aux pieds de Diane de Poitiers! Celle-ci ne bronche pas et reçoit cette offrande symbolique comme un dû. La reine Catherine, elle, reste de marbre. Pas un instant son regard ne se tourne vers sa rivale : elle n'a rien vu et n'aura pas un mot pour commenter cette humiliante péripétie.

Six jours après le couronnement de Catherine de Médicis, le 16 juin, le couple royal fait son entrée dans Paris. L'accueil triomphal que lui fait la capitale redonne du baume au cœur de la reine. La ville est superbement décorée. Les aménagements réglés pour une célébration à l'antique de la monarchie ne font aucune référence directe à la favorite. Mais, si son monogramme ne figure sur aucun décor, Diane de Poitiers a fièrement pris la place qui lui revient au sein du cortège.

Pour fêter la reine nouvellement sacrée, les plus grands artistes du temps ont été sollicités. L'architecte Pierre Lescot, le sculpteur Jean Goujon, le peintre Jean Cousin ont conçu et fait réaliser d'extraordinaires décors monumentaux. Pour l'occasion, le poète Pierre de Ronsard a rédigé des inscriptions en vers, l'helléniste Jean Dorat s'est chargé des devises grecques et latines.




A la porte Saint Denis, passage obligé des entrées royales, se dresse un arc de triomphe orné d'un hercule couronné représentant François 1er, de colosses et de quatre personnages figurant les sujets du roi, un noble, un clerc, un bourgeois et un paysan. Devant l'église Saint Jacques de l'Hôpital, un spectaculaire arc corinthien a été érigé; au Châtelet, un portique ionien a été élevé; le pont Notre Dame est jalonné d'arcs de triomphe. Tandis que des anges veillent sur la Couronne, une statue de la France trône au sommet d'un obélisque, sous lequel un rhinocéros symbolisant les forces du mal écrase des monstres. Chaleureusement acclamés par le bon peuple, Catherine de Médicis et Henri II passent sous un dernier arc de triomphe, rue Saint Antoine, avant de regagner leur résidence du palais des Tournelles.

© cliannaz@free.fr

LA FONTAINE DES INNOCENTS

Paris et la célèbre fontaine des Innocents gardent encore aujourd'hui la souvenir de l'entrée triomphale de Catherine de Médicis et d'Henri II. Le 16 juin 1547, la grande fontaine, sise à l'angle de la rue Saint Denis et de la rue aux Fers (actuelle rue Berger), suscite l'émerveillement des souverains. Elle est ornée d'une dentelle signée par Jean Goujon et Pierre Lescot, tout en légèreté et élégance, à l'image des naïades des bas-reliefs et des masques cracheurs d'eau. Ses arcades aux balustres de bronze et aux pilastres cannelés sont gardées par des nymphes aériennes. Des dauphins sculptés y évoluent entre des représentations de la Renommée. Les écussons alternent avec les fleurs de lys de France et les fameuses "pilules" des Médicis. Démontée puis réédifiée pierre par pierre au fil des transformations du quartier des Halles, la délicate fontaine des Innocents reste le symbole de la reine Catherine.

© 2002 cliannaz@noos.fr